Recherche d’emploi à l’international : utile le CV vidéo ?

Avec la montée en puissance de la vidéo, les interrogations des candidats à l’emploi à l’international, sont nombreuses : comme outil de candidature, la vidéo est-elle indispensable ou superflue ? A quoi sert-elle exactement ? Comment faire quelque chose de vraiment utile en étant aussi concis ? L’exercice n’est-il pas risqué ? Qu’en pensent les DRH ?…

A quoi sert la vidéo dans un processus de recrutement ?

Je n’adhère pas vraiment aux discours des partisans de la vidéo disant que la vidéo sert à se démarquer. Chercher à se démarquer à tout prix, ne peut pas être le but ultime d’un candidat, à mon sens. La recherche d’emploi engage bien d’autres choses qui vont au-delà du marketing de soi. Et puis, la vidéo a bien d’autres arguments. Son atout majeur, à mon avis, est de rendre visible ce qui est invisible sur un CV. Et tout compte fait, on ne voit pas grand-chose sur un CV ! Ni votre personnalité, ni la façon dont vous vous exprimez, en français et dans une ou des langue(s) étrangère(s). Dans ce sens, la vidéo peut être vue comme un outil complémentaire du CV. Une vidéo n’est pas non plus, une lettre de motivation. Son contenu est encore différent. C’est donc dans un pitch que vous allez pouvoir montrer votre personnalité et vous exprimer. Dans un bon pitch de 2 minutes ! Là, les envies de vidéo prennent tout leur sens…

En vous cherchant une source d’inspiration, je me suis souvenue des excellentes vidéos des élèves de Grenoble INP et j’ai posé toutes vos questions à John Kenwright, ‎Project Manager and ICTL Instructor à Grenoble INP. Voici donc les objectifs et les façons de faire de Grenoble INP.

John Kenwright est à l’origine de i3CV. L’Interactive International Internet CV est une présentation multimédia qui complète le « CV papier » pour candidater à l’international. Les jeunes diplômés de l’Institut Polytechnique de Grenoble se présentent dans une courte vidéo, en anglais et éventuellement d’autres langues (avec sous-titrage en anglais). L’opération a débuté en 2010. Aujourd’hui, plus de 700 élèves ont bénéficié de ce service et plus de 200 vidéos ont été mises en ligne.

Quelles sont vos ambitions avec cette opération ?

J. Kenwright: A l’heure du web 2.0, le CV seul ne suffit pas et les étudiants en ont bien conscience. Pour les jeunes diplômés qui s’apprêtent à mettre le pied à l’étrier de l’international, ce programme permet d’abord un parcours d’introspection répondant à la question : « Quels sont mes atouts ? ». C’est pourquoi, nous avons créé un vrai parcours avec du coaching réalisé par des DRH, du coaching linguistique, une conférence sur l’emploi à l’international, un concours de CV (Ultimate CV*) et le tournage et le montage d’un CV vidéo. Les objectifs visés sont d’aider les étudiants à mieux communiquer sur le plan professionnel, préparer les entretiens d’embauche à venir et augmenter leurs chances lors des candidatures à l’international. Ce programme valorise également l’attractivité de notre école.

Quel est le niveau d’anglais requis pour les ingénieurs ?

J. Kenwright : B2 est le niveau requis. L’anglais est testé en externe.

Comment se déroule la préparation du CV vidéo ?

J. Kenwright: En dernière année, que ce soit pour l’international ou non, tous les étudiants bénéficient de coaching en recherche d’emploi. Ceux qui souhaitent rejoindre i3CV, bénéficient de coaching supplémentaire. Une préparation est insérée dans leur cours d’anglais, d’une part. Par ailleurs, ils vont préparer le pitch destiné à la vidéo avec un réseau de partenaires de notre école. Il s’agit d’un réseau de DRH ou d’anciens dirigeants. Ce pitch doit faire 1 minute 30 à 2 minutes au maximum. Il doit comporter des anecdotes et exprimer les ambitions de l’étudiant.

Ceci prêt, ils bénéficient d’un dernier coaching linguistique et professionnel puis la vidéo est tournée en une heure. Plusieurs versions sont réalisées et les étudiants choisissent la version qu’ils préfèrent.

Quel conseil donneriez-vous sur la préparation ?

J. Kenwright: La seule vraie question à se poser est : « Que vais-je dire qui va compléter mon CV ? »

Avez-vous des retours de DRH à l’international ?

J. Kenwright: 90% de la quinzaine de DRH européens sondés, pensent que c’est utile ! Ils regardent les vidéos pour 2 raisons : pour voir la personnalité du candidat et pour se faire une idée de leurs qualités linguistiques. Mais comment savoir la part exacte de la vidéo dans l’embauche du jeune diplômé ? La réponse à cette question n’est pas facile à obtenir…

Du côté des étudiants, nous effectuons 2 sondages par an. Les retours sont excellents à 90%.

Télécharger des exemples de vidéos

Je traiterai la question technique de la vidéo à faire soi-même dans un prochain article à venir très rapidement.

*Ultimate CV est un concours pour déterminer le CV le plus innovant. Le jury est composé d’une quinzaine de référents.

 


International job search : 6 common mistakes (and how to fix them)

Here are the errors I usually notice, either in the application or hiring process.

1 – Do you need a CV to be called or to say ALL about you?
The purpose of your resume is to select you of course but also make recruiters want to call you for more information. This is the goal of the telephone interview which can initiate a meeting. All these steps are very important to respect. A candidate who one would like to talk to is a well positioned candidate because the recruiter will call. But a candidate who was printing everything about himself on his CV is someone on which we will not rush or who will be called after the others, for example.. ! It is the only difficulty of the CV. The question is not to fill the fields and headings, to know what colors to use or not but to make a CV that says enough in relation to the position proposed without saying too much about you! To find the right balance between these two tendencies. I often read CVs that are very, very well done and that would give me, instead of the recruiter, want to think about. It’s interesting but it is not what we are looking for! The desired effect is that the recruiter wants to take his phone. It’s not the same ! Assume that we must say enough to give envy. And, when you apply in France, if your resume is two (or even three) pages long, read this paragraph again!

2 – Stop putting all recruiters in one basket
What is common between a HR manager and a consultant of an interim cabinet, for example? Nothing ! The first one, among others, manages skills while the second addresses the need for his client. The second is not the decision maker in recruitment. So facing a consultant, it is immediately better to tell him what you consider your weaknesses… as a consultant warned is forearmed ! No need to wait to admit a poor level in English or bad relationships with you last employer. A consultant interested in your application, may argue about your weaknesses. But if you uncover weaknesses later in the recruitment process (during the interview for instance), it could be unhappy and he might not forgive you … And you would have be two in losing time and energy, time in traveling, overheads , etc.

3 – Do not expect your application’s hypothetical return to take longer than a few days
It is disturbing to see candidates waiting weeks for answers. When your application is selected, you are contacted within a few days (sometimes hours) … and not several weeks later. Waiting for a reply makes you usually less proactive. And this is where you may miss something else …

4 – Avoid systematically making a cover letter
I know it has bad press! Many recruiters say they do not read them, as many candidates say they find it difficult to write. Can we therefore get everyone agreed to avoid them? In the context of a recruitment firm, yes! In all the other contexts, I advise to use it to express your motivation, especially when the position motivates you for several reasons. After all, you do not have that many tools at your disposal to get a job! If it is a question of defending what makes you get up in the morning, go for it clearly! After all, with equal skills, the vast majority of recruiters choose motivation (87% according to the latest Regionjobs’ survey). Use it as a tool for people to meet you. And you don’t have to stay in a classicism that bothers you!

5 – Having just translated your CV from French to English
Take a test: give your English CV to an English native to be read, and ask him what he understands about you. It’s unbearable to do but please, do it ! You will notice that most of the time, the reader only gets a very general idea of your training (when he understands it…), an incomplete view of your professional experience (type of business and functions) and / or your industry. From there to send your CV in English speaking countries, there is still a step that is better to cross with a professional …

6 – Still reluctant to take a TOEIC or other test ?
When English (or another language) is not your working language, being able to justify your level can help you to get a new position! Logic. So why do you still hesitate?

And you‘ll be successful!

 

Recherche d’emploi à l’international : 6 erreurs fréquentes (et comment les éviter)

Voici les erreurs que je repère le plus souvent, que ce soit dans le processus de candidature ou de recrutement.

1 – Donner un CV qui donne envie de vous appeler ou un CV qui dise TOUT ?

L’objectif de votre CV est de vous sélectionner bien sûr mais aussi de donner envie de vous appeler pour en savoir plus. C’est l’objectif de l’entretien téléphonique qui lui-même peut enclencher une rencontre. Toutes ces étapes sont très importantes à respecter. Un candidat dont on a envie d’en savoir plus est un candidat qui se positionne bien parce que pour le découvrir, le recruteur va l’appeler. Mais un candidat dont on a l’impression de TOUT savoir à la lecture de son CV est un candidat sur lequel on ne va pas se précipiter ou qu’on appellera après avoir appeler ceux sur lesquels on se pose des questions, par exemple.. ! C’est l’unique difficulté du CV. La question n’est pas de remplir des champs et des rubriques, de savoir quelles sont les couleurs à utiliser ou non mais de faire un CV qui en dise assez par rapport au poste proposé sans en dire trop par rapport à vous ! De trouver l’équilibre entre ces deux tendances. Souvent je lis des CV qui sont très, très bien et qui me donneraient, à la place du recruteur, envie de réfléchir. C’est intéressant mais ce n’est pas ce que l’on recherche ! L’effet recherché est que le recruteur ait envie de prendre son téléphone. Ce n’est pas pareil ! Partez du principe qu’il faut en dire ASSEZ pour donner envie. Et si votre CV fait deux (voire 3) pages, relisez ce paragraphe !

2 – Cesser de mettre tous les recruteurs dans le même panier

Qu’est ce qui est commun entre un DRH et un consultant d’un cabinet d’intérim, par exemple ? Rien ! Le premier fait, entre autre, un travail de gestionnaire de compétences alors que le deuxième répond au besoin d’un client. Le deuxième n’est pas le décideur dans le recrutement. Donc face à un consultant, il vaut tout de suite mieux signaler ce que vous considérez comme vos points faibles car un consultant averti en vaut deux. Inutile d’attendre d’être au pied du mur pour avouer un niveau d’anglais moyen ou un dernier employeur avec lequel vous avez des problèmes relationnels. Un consultant intéressé par votre candidature, pourra, dans le cadre d’un poste à pourvoir, argumenter sur vos points faibles. Par contre, si vous dévoiler des points faibles plus tard dans le processus de recrutement (en entretien d’embauche par exemple) il pourrait être mécontent et ne pas vous le pardonner… Et vous seriez deux à avoir perdu du temps, de l’énergie et du temps en déplacements, entretiens, etc.

3 – Ne pas attendre d’hypothétique retour de vos candidatures plus de quelques jours
Il est troublant de constater que des candidats attendent des semaines des réponses à leurs candidatures. Lorsque votre candidature fait mouche, vous êtes contacté dans les quelques jours (parfois dans les heures) qui suivent… et non dans les trois semaines qui suivent. Le fait d’attendre vous rend généralement moins proactifs. Et c’est là que vous risquez de passer à côté de quelque chose d’autre…

4 – Eviter systématiquement de faire une lettre de motivation
Je sais qu’elle a mauvaise presse ! Beaucoup de recruteurs disent ne pas la lire tandis que beaucoup de candidats disent la trouver pénible à faire. Peut-on donc mettre tout le monde d’accord en la rayant de la liste ? Dans le contexte d’un cabinet de recrutement diffusant une offre, oui ! Dans tous les autres contextes, je conseille au contraire d’exprimer sa motivation, surtout lorsque l’offre vous motive pour plusieurs raisons. Vous n’avez finalement pas tant d’outils que cela à votre disposition pour obtenir un poste ! S’il est question de défendre ce qui vous fait vous lever le matin, allez-y clairement ! Après tout, à compétences égales, l’immense majorité des recruteurs choisissent la motivation (87% selon la dernière étude de Regionjobs). Pour vous positionner, la lettre de motivation, quelle que soit sa forme, peut devenir un outil donnant envie de vous rencontrer. Et vous n’êtes pas du tout obligé de rester dans un classicisme qui vous ennuie !

5 – Avoir juste traduit votre CV français en anglais
Faites un test : donnez votre CV anglais à lire à un anglophone et demandez-lui ce qu’il comprend de vous. C’est insupportable à faire mais faites le. Vous verrez que la plupart du temps, votre lecteur n’aura qu’une idée très générale de votre niveau de formation (quand il la comprend), une vision incomplète de votre parcours (type d’entreprises, fonctions exercées) et/ou de votre secteur d’activité. De là à diffuser ce CV dans un pays anglophone, il y a encore un pas qu’il vaut mieux essayer de franchir avec un professionnel…

6 – Hésiter encore à passer un TOEIC ou un autre test
Lorsque l’anglais (ou une autre langue) n’est pas votre langue de travail, le fait de pouvoir justifier du niveau de celle-ci peut vous permettre de l’emporter dans un recrutement ! Question de logique. Alors pourquoi hésiter encore ?

Et vous serez efficace..!