Mobilité des informaticiens :  TechMeAbroad fête ses premiers succès

Epitech la prestigieuse école d’informatique, a annoncé jeudi 7 Mai 2015, un partenariat avec la plateforme de recrutement international TechMeAbroad, afin de permettre à ses élèves et anciens d’acquérir une expérience à l’étranger. Ce nouveau partenariat, après celui de l’Ecole 42, est l’occasion de faire le point avec Julien Barbier, co-fondateur de TechMeAbroad.

« Votre plateforme met en relation des entreprises prêtes à sponsoriser un visa avec des talents voulant partir travailler à l’étranger. Deux mois après son lancement, comment cette initiative évolue-t-elle ? »

Julien Barbier : Nous enregistrons nos premières « success stories », c’est-à-dire que plusieurs informaticiens français ont été placés, que 160 entreprises de 30 pays différents, nous ont confié leurs offres et qu’actuellement il y a 360 offres d’emploi sur TechMeAbroad.

Comment se passent les processus de recrutement ?

Julien Barbier : Il faut s’attendre à des entretiens par Skype, bien sûr. Les entreprises testent également les candidats lors de visioconférences. Aux USA, les sociétés peuvent payer un billet d’avion aller-retour pour faire un dernier entretien véritablement de visu.

Quels sont vos conseils vis à vis des candidats ?

Julien Barbier : Il faut bien réfléchir à son projet professionnel avant de choisir une destination.Généralement, je trouve qu’il faut privilégier les pays où les techs français sont aimés. Par ailleurs, les informaticiens doivent garder en tête que s’ils apprennent peu dans une SSII, ce n’est pas pour autant que la Silicon Valley leur permettra forcément de se réaliser. La tech, ce n’est pas que la Silicon Valley, ça peut être aussi la Chine… mais ni l’une ni l’autre de ces destinations ne sont bonnes si on souhaite travailler dans la finance, par exemple… Un deuxième conseil aux candidats est de bien comprendre les difficultés et les apports de l’expatriation, de s’y préparer. Il faut s’attendre à un choc culturel et bien réaliser ce que partir au loin signifie, vis à vis de sa famille et de ses amis. Enfin, de rester vigilant sur la question du salaire. Parfois le salaire peut paraître mirobolant alors qu’en fait, une fois déduit les questions sociales (sécurité sociale, retraite, impôts…), ce n’est pas le cas. Il faut donc être en contact avec des français vivant dans le pays en question et échanger avec eux sur ce sujet.

Les entreprises sont donc prêtes à faire beaucoup : visas éventuels, voyage d’entretien d’embauche…

Julien Barbier : Les entreprises généralement « soignent » la relation et l’expérience candidat en l’aidant à s’adapter. Suivant le cas, elles peuvent aller plus loin : proposer de l’aide pour trouver un logement, proposer des cours de langue…

Que doivent faire les entreprises pour diffuser leurs offres sur TechMeAbroad ?

Julien Barbier : Elles peuvent poster directement et gratuitement (ici ). Ensuite nous vérifions l’annonce pour garantir la qualité du site et des offres.

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Ils ont dit :

Emmanuel Carli, directeur général de l’Epitech :
Dans un monde globalisé, on ne peut prétendre à une carrière de haut niveau sans dimension internationale, et nos étudiants et anciens cherchent énormément à partir travailler à l’étranger. Néanmoins, intégrer une entreprise à l’international peut s’apparenter à un parcours du combattant lorsqu’un visa est exigé. TechMeAbroad apporte la solution en mettant en relation les talents avec des entreprises prêtes à sponsoriser un visa.”

Julien Barbier :
Dans la Silicon Valley, les ingénieurs informaticiens français sont très appréciés car ils ont un niveau extrêmement élevé dès la sortie de l’école. Lorsque les entreprises américaines recrutent un Epitech, elles en redemandent. C’est le cas par exemple chez Docker, Google ou LinkedIn, qui embauchent beaucoup d’Epitech”.

À propos de TechMeAbroad

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À propos d’Epitech

Epitech est reconnue comme l’une des meilleures écoles pour transformer une passion pour l’informatique en une expertise qui débouche sur des emplois à fort potentiel (100% des élèves en entreprise à la fin de leurs études). Cette formation recherchée par les entreprises repose sur un modèle novateur qui met l’accent sur trois qualités de plus en plus exigées : l’adaptabilité, l’auto-progression, le sens du projet. L’école est présente dans 12 villes de France.

www.epitech.eu


Travailler en Amérique Latine, au Brésil ou au Mexique : un rêve ou des possibilités ?

Peu d’offres online, consultants lointains (et pour cause !), décalages horaires, prises de contact distantes… vous qui rêvez de vous expatrier dans ces pays, vous ne savez plus quelle direction prendre ? Questions à Mélanie Simon-Razé, spécialiste de l’expatriation au Mexique et au Brésil. Elle a fondé Expat2work pour accompagner les expatriés désireux de s’y insérer professionnellement

Est-il envisageable de trouver depuis la France, un emploi au Brésil ou au Mexique via une offre online  ?

M. Simon-Razé : Dans ces deux pays, dès lors que le recruteur vous sait encore en France, il est difficilement envisageable de décrocher un emploi de cette façon… Il faut donc être vigilant car si vous recevez une proposition d’emploi via la toile, elle peut très bien ne pas être suivie d’effet. En revanche, une fois sur place, c’est possible… même si vous devez rester prudent dans vos contacts avec les Brésiliens dont l’attitude peut vous laisser croire à une “proposition ferme” alors qu’il n’est question que de vous faire plaisir sur l’instant…

Comment un Français a-t-il des chances de trouver un emploi en Amérique Latine ?

M. Simon-Razé : En se faisant connaître sur place et en construisant son réseau… Depuis la France, il faut commencer à l’étoffer, travailler à le cibler. Votre premier objectif doit être d’obtenir un bon niveau de langue parlée, espagnol ou portugais, ce qui facilitera les prises de contact dans les pays concernés.

Le réseau institutionnel français sur place est-il utile pour trouver un emploi ?

M. Simon-Razé : S’y trouver ne coûte rien ! Les Chambres de Commerce françaises que je connais en Amérique Latine – et que j’ai expérimentées aussi en tant que candidate -, fonctionnent comme des cabinets de recrutement. Elles mettent en correspondance les profils recherchés par les entreprises françaises présentes dans les pays et les CV des expatriés en recherche d’emploi. Il est donc important que votre CV soit dans leur base de candidats le plus tôt possible. Par contre il faut les relancer régulièrement et ne pas y mettre tous vos espoirs.

Quelles sont les opportunités d’emploi au Brésil et au Mexique ?

M. Simon-Razé : Le Brésil n’est plus l’eldorado qu’il était en terme d’emploi des étrangers (comme dans les années 60, par exemple). En apparence, c’est un pays qui se suffit à lui-même : les entreprises n’ont aucun mal à trouver les compétences qu’elles cherchent. Toutefois, il existe des possibilités pour les Français qui savent se mettre en valeur en tant qu’étranger…. si vous maîtrisez assez le portugais (avec au moins un niveau C1) pour démarcher les entreprises. Mais même si la recherche d’emploi est relativement complexe, les expatriés disent aussi que “ici, tout est possible !”, ce que je confirme !
Pour ceux qui souhaitent créer leur entreprise, les contraintes sont importantes et les règles administratives, en changement perpétuel ! Il faut notamment justifier de 50 000 euros (à ma connaissance et sous réserve que ce montant n’ait pas changé récemment) et avoir la caution d’une personne qui habite dans la ville où vous souhaitez vous installer.

Bien que les candidats à l’expatriation soient plus nombreux au Brésil qu’au Mexique, le marché de l’emploi est plus abordable au Mexique. Et ce, même si depuis novembre 2012, la loi est plus contraignante pour les candidats étrangers. Les expatriés sont en sécurité dans ce pays qui n’a pas toujours une bonne image auprès d’eux. D’expérience, je ne me suis jamais sentie en insécurité au Mexique, c’est ce que j’explique dans cet article ici. Il est possible pour des Français d’y trouver un travail en contrat local. Les profils commerciaux français sont très recherchés pour des raisons d’éducation (voir cet article). D’une façon générale, l’éducation française est très appréciée en Amérique Latine.

Comment aidez-vous ceux qui souhaitent trouver un emploi ?

M. Simon-Razé : Je suis une sorte de “facilitateur et un accélérateur” d’insertion personnelle et d’intégration professionnelle au Brésil et au Mexique. Mon vécu dans ces pays, ma volonté de m’intégrer et d’y travailler m’ont fait comprendre comment y être à l’aise, même si je suis étrangère. Ce qui est primordial pour réussir son intégration professionnelle. Je guide les expatriés sur les aspects culturels mais pas seulement.  Nous Français, sommes généralement perçus comme des personnes qui jugent et critiquent beaucoup… Parfois, notre propre culture nous fait réagir vis-à-vis des locaux d’une manière inadaptée car à l’encontre de leur culture. C’est pour cela que la question des différences culturelles est capitale. Beaucoup d’expatriés perdent de vue que ce sont eux et non les locaux qui doivent s’adapter…
Pour réussir, il faut s’interroger sur ses motivations personnelles. Curiosité et volonté d’intégration sont nécessaires à une expatriation réussie.

Avez-vous un conseil à donner à ceux qui rêvent de s’expatrier dans ces pays ?

M. Simon-Razé : Il faut préparer son expatriation le plus possible et personne n’en fait jamais trop dans ce domaine ! Par contre, négliger cette étape peut conduire à des désillusions très importantes, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel. J’ai déjà accompagné des personnes qui ne s’attendaient pas du tout à la réalité de leur pays d’expatriation. En progressant sur la connaissance de leur pays d’accueil comme sur de celle de leurs propres limites, les candidats à l’expatriation mettent toutes les chances de leur côté…

Interview réalisée par Diane Pinelli, le 4 février 2015