Réussir sa recherche de Volontariat (V.I.E ou V.I.A) – Interview de Louis au Japon

Une histoire récurrente parmi les candidats au V.I.E est que beaucoup font finalement un V.I.A ou sont embauchés en contrat local. Le dénominateur commun de tous les candidats, quel que soit leur contrat, est une détermination sans faille à travailler dans le pays de leur choix… Voici l’exemple de Louis. Après des études d’ingénieur à l’INSA de Lyon, Louis est parti en Volontariat à Tokyo. Il est actuellement au CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives). Trouver un travail au Japon n’est déjà pas donné à tout le monde mais partir dans ce pays en volontariat tient presque du miracle.. ! J’avais eu avec lui, un long entretien téléphonique alors qu’il était tout juste diplômé et en recherche de V.I.E. Presque un an plus tard, je l’interroge sur sa recherche de V.I.E et sur son expérience actuelle. Sa personnalité (plutôt calme et déterminée) et ses atouts personnels (maîtrise du japonais et formation initiale) font de lui un candidat très intéressant.

Qu’est-ce qui motivait votre recherche de V.I.E ?

Louis : Par-dessus tout, je voulais être au Japon ! Si je n’avais pas trouvé de volontariat, j’aurais travaillé en contrat local…

Quel a été votre atout principal pour être engagé en Volontariat International, à votre avis ?

Louis : J’avais eu la chance de réaliser auparavant dans le cadre de mes études deux stages au Japon : un stage de recherche dans une université Japonaise (suite à une candidature spontanée) ainsi qu’un stage dans une entreprise japonaise, trouvé grâce aux contacts de mon professeur de japonais. Un autre atout notoire est lié au fait d’avoir effectué ma recherche de V.I.E sur place, au Japon, pendant mon stage. Je pense que la qualité d’écoute de mes interlocuteurs était très bonne de ce fait. En étant sur place en stage, j’ai pu avoir plusieurs entretiens d’embauche ainsi que des entretiens informels sur les profils recherchés, les postes de V.I.E à venir, etc.

Parlez-nous de votre recherche

Louis : J’ai tout d’abord pris des contacts sur LinkedIn auprès des entreprises françaises basées au Japon dans les secteurs qui m’intéressaient. Ceci, dans l’optique de faire des candidatures spontanées. Les échanges que j’ai pu avoir sur ce réseau étaient plutôt bons, mes interlocuteurs m’orientant facilement vers les bons contacts. Ces mises en relation ont débouché sur 2 propositions de formalisation de projet. C’était à moi de faire des propositions, ce que je n’ai pas fait car les projets étaient éloignés, soit en termes de temps, soit par rapport à ce que je souhaitais faire. Peu après, suite à deux offres du CIVIweb auxquelles j’ai postulé, j’ai eu deux entretiens de recrutement. Dans la première offre, le niveau demandé de japonais était trop élevé mais la deuxième a débouché sur mon activité actuelle.

Généralement, je conseille 6 mois pour une recherche de V.I.E.  Est-ce juste dans votre cas ?

Louis : J’ai trouvé en trois mois, mais commencer à chercher 6 mois avant la date prévue me paraît pertinent.

Que notez-vous d’important, culturellement parlant, dans la recherche d’emploi au Japon ?

Louis : Etant donné le fossé culturel assez conséquent entre le Japon et la France, je pense que les profils ayant déjà un peu l’expérience du pays seront privilégiés, plus encore que pour d’autres destinations. A noter certains traits de personnalité importants : patience, calme et une relative introversion.

Venons-en au processus de candidature : combien avez-vous eu d’entretiens d’embauche pour ce poste ? et combien de temps a duré le processus ?

Louis : J’ai passé 2 entretiens. Le premier via Skype, avec les RH basées en France. Le deuxième de visu, avec les opérationnels, ici au Japon. Le processus entre le premier entretien d’embauche et l’embauche a duré environ 2 mois.

Êtes-vous satisfait de votre expérience professionnelle actuelle ?

Louis : Je suis très satisfait de mon poste. Il est même au-delà de mes espérances, surtout en termes de responsabilités données (ce qui est un dénominateur commun à beaucoup de postes en Volontariat). Je bénéficie aussi du fait d’être au sein d’une très petite équipe. Dans une si petite équipe, on peut vite se retrouver à devoir remplir des rôles assez importants, notamment quand votre supérieur est indisponible, par exemple. On se retrouve dans une position très privilégiée qui permet d’être en relation avec des gens haut placés dans les institutions. Autant dire qu’on est souvent (pour ne pas dire toujours), celui ayant le moins d’expérience lors des rencontres !

Ces positions, à l’étranger, permettent également d’avoir une vision très globale et à partir du « sommet » des institutions ou des entreprises françaises. C’est très intéressant !

J’ai appris énormément en 8 mois et je pense qu’il m’aurait fallu beaucoup plus de temps pour expérimenter autant de choses dans un poste en France.

Interview réalisée par Diane Pinelli

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En finir une bonne fois avec la candidature spontanée ?

Dans les derniers chiffres communiqués par l’Apec, le taux de postes pourvus grâce à la candidature spontanée est de 8% pour 2013. Chiffre qui, bien entendu, ne déclenche aucun enthousiasme chez son lecteur ! Si enthousiasme il restait depuis l’excellent article : « Pourquoi 99% des candidatures spontanées finissent à la poubelle » (cliquez ici) du non moins excellent Laurent Brouat… Article pointant que l’immense majorité des candidatures spontanées n’est jamais ni vue, ni lue depuis l’utilisation de l’ATS dans les entreprises (pour en savoir plus sur l’ATS, voir cet article ici).

Paradoxalement, j’ai aussi en tête la dizaine de candidats suivis dans les 12 derniers mois, qui ont trouvé un emploi à l’international suite à des candidatures spontanées. C’est pourquoi je vous propose d’examiner de plus près quelques éléments.

Unfortunately we will not save unsollicited applications and your information could be lost 

C’est ce qu’affichent les sites de certains groupes étrangers et le signal est clair… Ces départements RH reconnaissent leurs limites et les affichent. Certains groupes français sont également éloquents : « Ce site ne vous permet pas de laisser de candidature spontanée ». Point.

Quand vous ne pouvez pas postuler directement sur les sites, vous pouvez être tenté de faire parvenir un mail de candidature spontanée aux responsables RH. N’en attendez pas trop ! Le volume de candidatures traitées chaque année par les services RH des grosses entreprises en Amérique du Nord par exemple, se situe entre entre 20 et 30 000 par an. Et d’une façon générale, les recruteurs anglophones sont plutôt unanimes sur le fait que votre mail de candidature spontanée a environ 90% de chances d’être tout simplement jeté.

Si vous décidez malgré tout, de tenter l’expérience, utilisez l’objet de votre mail pour indiquer au moins deux de vos « atouts maîtres » : « French native software developer-5 years experience », par exemple.

La candidature spontanée en lien avec les réseaux

Le rendement de la candidature spontanée est bien meilleur s’il est en lien avec les réseaux sociaux. Soit vous êtes rentré en contact avec une personne de l’entreprise où vous souhaitez postuler et vous lui avez demandé conseil sur la marche à suivre. Soit vous êtes directement en rapport avec une personne du recrutement à laquelle vous manifesté votre volonté de travailler dans l’entreprise. Ceci est particulièrement valable aux USA, au Canada et en Grande-Bretagne. Beaucoup plus que dans les pays du Golfe par exemple, où il vaut mieux entrer en contact avec un représentant du recrutement (institutionnel ou privé) français, dans un premier temps.

La cooptation arrivant en 3e position dans les recrutements internationaux de 2013 (Etude Global Professionnals on the Move » cliquez ici), elle mérite tous vos efforts. Afin d’approcher les entreprises, vous devez tenter d’utiliser toutes les formes de réseaux : vous adresser aux anciens élèves de votre école en postes à l’étranger, à votre éventuel réseau personnel d’expatriés et à tous les membres de tous les réseaux que vous pouvez rejoindre (de femmes, de telle fédération, de tel métier…)

Quand votre candidature est gagnante

Généralement, quelques entreprises seulement peuvent être intéressées votre expérience et/ou vos compétences. La plupart du temps, elles ne sont pas si nombreuses… alors là bien sûr, la candidature spontanée s’impose en premier lieu.

C’est le cas par exemple, de ceux qui recherchent un emploi en tant que V.I.E dans des PME françaises installées à l’étranger. Vous avez identifié des entreprises auxquelles vous proposez un projet ? N’hésitez plus ! De nombreux jeunes diplômés décrochent encore ce contrat de cette façon. C’est aussi le cas de tous ceux qui disposent de compétences techniques pointues et de tous ceux qui proposent un projet à forte valeur ajoutée. Généralement vous le savez lorsque c’est le cas ! Tous les moyens sont bons sachant que parfois, il suffit de très peu : un mail, un formulaire sur un site, la réponse à une offre… c’est l’exemple de cette candidate française (qui se reconnaîtra dans ces lignes), qui avait postulé sur un site du groupe Bombardier en Amérique du Nord, me disant : « Vous allez voir, ils vont être intéressés… à coup sûr ! » et auquel j’avais caché son scepticisme sous un sourire (téléphonique) poli. Elle n’a pas eu de poste car Bombardier n’a pas voulu s’occuper de la question du visa mais elle a été appelée moins de 24h après son envoi et le service RH s’est mis ensuite en contact avec elle par mail.

Il appartient donc à chacun de se faire son idée exacte sur l’opportunité que peut représenter (ou pas) sa candidature pour une entreprise et en fonction, de décider (ou pas) d’utiliser la candidature spontanée.