Recherche d’emploi : suivre ses désirs malgré sa peur

La peur est un sentiment qui nous permet d’anticiper et de ne pas faire n’importe quoi. Elle est donc indispensable sauf que bien souvent, nous tentons de parer au plus pressé et que le plus pressé est… de se débarrasser de ce sentiment ! Ainsi, stopper ce sentiment tend à devenir une priorité. Gare à ce que la peur ne dirige pas nos choix et… ne provoque nos renoncements ! Autrement dit, attention à ne pas troquer ses rêves contre « moins de peur ».

Avoir peur lors d’une recherche d’emploi

La peur est un sentiment légitime dans le cadre d’une recherche d’emploi. Surtout dans une recherche d’emploi à l’étranger. Il ne faut pas alors,  hésiter à « plonger dans la baignoire », c’est-à-dire à faire face. Pour cela, il est conseillé de lister ses peurs : de ne jamais retrouver de travail, de se retrouver sans emploi à l’étranger, de dévisser professionnellement, se tromper d’entreprise, regretter son poste, etc, etc. La liste peut être infinie. Une fois listées, il faut examiner de près les peurs principales. J’ai pu constater cent fois qu’elles s’organisent autour du mauvais choix : se tromper d’entreprise, d’emploi, de formation, de mobilité interne, de pays… Ces peurs sont justifiées : il est toujours difficile de revenir sur un mauvais choix. Concrètement d’abord, ce n’est pas simple et psychologiquement parlant ensuite, ce n’est pas simple à vivre et ça coute cher.

S’intéresser à ses peurs

Or les peurs parlent beaucoup du désir de la personne. C’est pourquoi il faut les écouter. Je l’ai également très souvent vérifié. Lorsque la personne et moi, listons les craintes et les traitons à plat dans le genre : « Et si je ne trouve pas grâce à mon réseau ? », je réponds, par exemple : « Et bien, vous prendrez contact avec les cabinets de recrutement, je vais les lister », puis « Et si je fais deux voyages de prises de contact et que je n’ai encore rien de concret ? », je réponds, par exemple : « Et bien, vous aurez eu le temps de créer des liens avec le service de recrutement de tel organisme et nous verrons de quelle façon, il peut prendre le relais », il arrive un moment où nous avons fait le tour des principales craintes. Et là, généralement mon interlocuteur se lâche sur l’essentiel : « Oui mais moi, je veux travailler en Asie ! ». Nous passons de donc de « J’ai peur de ne pas trouver de travail » à « Je veux trouver un travail en Asie » et la différence entre les deux est immense. Dans le premier cas, c’est une peur paralysante alors que dans le deuxième cas, il s’agit de la priorité de la personne. Une priorité qui est une force.

Il y a des personnes qui comprennent ainsi qu’elles veulent gagner beaucoup d’argent ou avoir une belle carrière alors qu’elles disaient avoir peur de ne jamais « y arriver ». Sans que l’on sache exactement « arriver à quoi ? »… Comment « gagner beaucoup d’argent » si on est dans la peur de « ne pas y arriver » ? Les deux ne signifient pas la même chose. Avec un tel écart, il y a un gros risque de se perdre en chemin…

La peur comme bonne conseillère

On a donc tout intérêt à sonder ses peurs mais surtout pour comprendre ce que l’on veut. Savoir ce qui est prioritaire pour soi. Pour cela, il est primordial de revenir aux fondamentaux : « Qu’est-ce que je veux ? » dès que la peur pointe le bout de son nez. Puis creuser la question. On peut se demander avec angoisse, par exemple, ce que l’on va faire si « au bout de deux voyages de prise de contact, on avait aucune promesse d’embauche ». Il faut examiner la raison de cette angoisse. Elle peut être, par exemple, de ne plus avoir assez d’argent pour un troisième voyage. C’est alors le signe qu’il ne faut pas engager de voyage de reconnaissance sans rendez-vous prometteur… Ou alors, c’est la peur d’être complètement découragé après deux voyages. Ceci signifie alors qu’il faut faire attention à ne pas s’envoler à l’aveuglette et sécuriser ses rendez-vous, par exemple. Ces deux priorités sont différentes.

Face à un sentiment de peur, il faut donc écouter ce que cela signifie pour soi. Ecouter « la peur de quoi » et en tenir compte. Pour cela : prendre un peu de distance, ne pas agir immédiatement ni faire des choix dans la précipitation, ne pas perdre de vue ce qui est prioritaire pour soi et alors, lister ses ressources pour y faire face.

Agissons avec nos peurs un peu comme le Petit Prince de l’histoire avec son renard : apprivoisons-les en nous asseyant non loin…