Le Brexit, quelles conséquences pour les expatriés et les étudiants internationaux ?

Le Royaume-Uni est le deuxième pays d’expatriation des Français et pour cause, ce territoire a jusque à ce jour, regroupé les pays anglophones les plus faciles d’accès pour des Européens. La communauté française actuelle est évaluée à 300 000 personnes. En tant que ressortissants de l’Union Européenne, les Français ont pour l’instant, été libres de circuler et de travailler dans tout le royaume, sous réserve d’avoir au moins une carte d’identité ou un passeport. Au-delà de six mois de résidence, un permis de résidence était recommandé sans être obligatoire.

Cette décision de quitter l’Union doit être encore notifiée par le gouvernement britannique au Conseil européen. Elle donnera lieu ensuite à des négociations avec les instances européennes. Ces négociations dureront au moins deux ans. Pour l’instant donc, ni les étudiants de la rentrée 2016, ni les expatriés français travaillant au Royaume-Uni, ne sont touchés. L’avenir cependant, mérite d’être réfléchi…

Le Brexit entraînera une complication des démarches de séjour et de travail

Dans le plus noir des scénarios, le Royaume-Uni peut chercher à s’aligner sur les Etats-Unis… où la difficulté pour travailler et obtenir un visa ne sont plus à démontrer. Le scénario le plus probable est un alignement sur les conditions imposées aux étrangers hors Espace Economique Européen : visa touristique et obtention d’une carte de résidence, valable 5 ans, dès lors que le séjour dépasse 6 mois. Les expatriés français pourraient devoir solliciter un permis de travail et justifier d’un certain niveau de revenus pour que leur permis de travail soit renouvelé : c’est déjà le cas pour les ressortissants hors UE et hors EEE.

Le Brexit signe également la fin des accords actuels entre les caisses santé et retraite

Le Royaume-Uni quittant l’Europe, impossible d’utiliser sa carte européenne d’assurance maladie à Londres, par exemple. Les expatriés pourraient bien, au même titre que les résidents hors Union Européenne ou de Espace Economique Européen, avoir à payer une contribution pour pouvoir accéder aux modalités d’accès aux soins.

Le régime de retraite, transférable d’un pays à l’autre, sera bien sûr, modifié, lui aussi.

Des étudiants très pénalisés

Vendredi, le sujet Erasmus était très populaire sur Twitter :  les étudiants français et britanniques s’inquiétant pour l’avenir de leurs échanges universitaires. Pour la rentré de 2016, aucun changement n’est à envisager mais dès la sortie de l’Union Européenne, le programme Erasmus ne sera bien évidemment pas maintenu.

Le problème pour les Français (et autres étudiants européens) sera d’ordre financier. Les universités britanniques sont en effet, connues pour leur coût élevé. Les études au Royaume-Uni seraient dorénavant des études chères pour les étudiants français notamment. Parmi les champions de l’accueil des étudiants étrangers dans le monde, le Royaume-Uni se place actuellement en 3e position. Aura t-il les moyens de se priver des étudiants européens ? Rien n’est moins sûr ! Parmi les scénarios à envisager, la signature d’accords bilatéraux avec les Etats membres de l’Union afin de maintenir des frais de scolarité préférentiels, des conditions facilitées d’accès aux visas des étudiants européens est à retenir.

Attention à la reconnaissance des diplômes

Elle sera également impactée. A l’heure actuelle, le système universitaire européen assure une reconnaissance automatique des diplômes de ses 28 membres. Par exemple, un Français qui décroche son diplôme en Angleterre, est libre d’exercer son métier dans les 27 autres pays membres, y compris en France. Demain, sauf en cas d’accord entre les deux pays, ce ne sera plus possible

Les accords bilatéraux avec les Etats membres de l’Union ou bien avec la France, on le voit bien, feront toute la différence. Dans certains domaines, tels que la santé et la retraite, ils sont plausibles. Dans d’autres domaines tel que le séjour et le travail, de tels accords seront probablement nettement moins avantageux… d’où les inquiétudes des expatriés français au Royaume-Uni, celles des expatriés britanniques en France (171 000 expatriés britanniques en France selon l’Insee), des étudiants et des couples mixtes…

Probablement pouvons-nous compter sur le fait que les britanniques ne puissent pas totalement se passer de nous… Jean-Jacques Rousseau cernait déjà deux types de dépendance entre nos deux peuples : « Si nos besoins communs nous unissent par intérêt, nos misères communes nous unissent par affection » #Brexit [J.J Rousseau]… Et si nous faisions confiance à nos « besoins et nos misères communes » pour tisser des accords avantageux entre nos deux pays ?

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