Comment les recruteurs des USA, d’EMEA et d’Asie-Pacifique utilisent les réseaux sociaux et outils en ligne

Lorsque les candidats s’interrogent sur leur visibilité ainsi que sur les façons d’entrer en contact avec des recruteurs internationaux, la question est de savoir comment les recruteurs travaillent. Deux études parues cet automne, peuvent être l’occasion de faire le point sur la façon dont les recruteurs utilisent les réseaux sociaux et outils en ligne dans le monde.

L’édition 2014 du « Global Sourcing Survey », réalisée par Alexander Mann Solutions et Social Talent, a interrogé 328 recruteurs* mondiaux, sur leurs façons de faire. Les résultats sont regroupés en 3 zones géographiques : Amérique, EMEA et Asie-Pacifique.

La conclusion de l’étude est claire : l’utilisation des réseaux sociaux, du microblogging et des messageries dans la recherche de candidats, n’en est qu’à son balbutiement, Google+, Twitter et Facebook notamment, étant encore largement sous-exploités.

La deuxième étude est du Cabinet Oasys Consultants. Elle a été réalisée auprès de consultants en recrutement et chasseurs de têtes français cherchant à pourvoir des postes de cadres supérieurs et de dirigeants, travaillant ou non à l’international. En France, les consultants en recrutement et chasseurs de têtes font le quart des recrutements de cadres.

Première constatation : 44 % des personnes interrogées pratiquent la diffusion d’offres et l’approche directe.

La plupart des conclusions de l’enquête d’Oasys Consultants s’appliquent très probablement à des pays européens tels que la Suisse (1er pays d’expatriation des Français), la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et éventuellement l’Italie.

96% des recruteurs mondiaux utilisent LinkedIn

et en France, 99% des recruteurs utilisent LinkedIn et Viadéo. C’est sans surprise.

Pour ce qui concerne les recruteurs d’Asie-Pacifique, le score est un peu moindre : 85%. Même si les habiletés et les techniques de recherche des recruteurs de cette zone sont les plus élevées au monde, ces recruteurs utilisent beaucoup le microblogging dans leurs recherches de candidats (Sina Weibo en Chine et Twitter, dans la plupart de la zone).

Les recruteurs Américains quant à eux, utilisent LinkedIn à 99%, ce qui fait d’eux les leaders mondiaux dans l’utilisation de ce réseau. Ce sont eux qui ont la plus forte proportion de comptes LinkedIn payants (61% contre 51% pour le reste du monde). Ces comptes payants sont utilisés pour l’envoi d’InMails. L’Amérique arrive en tête pour la recherche de candidats « passifs ». Pourtant c’est aussi en Amérique que ce type de recherche est la moins productive : < 10%. C’est donc dans cette zone que vos chances d’être contacté(e) de façon spontanée sont les plus importantes…

A noter qu’il ne faut pas confondre un recruteur avec son nombre de relations : 20% des recruteurs mondiaux ont moins de 500 relations. Les recruteurs d’EMEA sont ceux qui présentent le plus grand nombre de relations (souvent + de 500) et les recruteurs américains sont 33% à être « super connectés », c’est à dire à avoir plus de 2 000 relations. Mais le nombre de relations ne donne pas d’indication sur la qualité ou l’influence du recruteur.

En France, parmi les 99% de recruteurs qui utilisent LinkedIn et Viadéo, 66% « accordent de l’importance » à votre profil dans le cadre d’un recrutement. Pour en savoir plus sur la façon dont votre profil est utilisé dans le recrutement, vous pouvez lire cet article que j’ai écrit il y a peu sur le sujet, en cliquant ici

Twitter, médaille d’argent ?

60 % des recruteurs mondiaux l’utilise selon le rapport Global Sourcing Survey, et ceci de façon plus importante en Amérique et EMEA qu’en Asie-Pacifique. Dans leur activité globale sur Twitter, les recruteurs utilisent généralement leur compte personnel pour diffuser des offres (35%), contacter des candidats (35%) et rechercher des candidats (22%). Voici donc de bonnes raisons de ne pas faire d’impasse sur Twitter, même si les 22% destinés aux recherches de candidats semblent bien modestes !

Dans l’étude française, 11% seulement des recruteurs disent « accorder de l’importance » aux tweets du candidat.

37% des recruteurs mondiaux font des recherches de candidats sur Facebook

Avec en premier lieu les Américains ! 46 % d’Américains contre 28% de recruteurs d’Asie-Pacifique. Si vous cherchez un emploi dans cette zone, vous devez absolument être présent sur ce réseau que les américains adorent. Comme il y a beaucoup de réticences de la part des Français qui considèrent ce réseau comme personnel, vous pouvez apprendre comment séparer le professionnel et le privé sur votre compte en consultant un tutoriel comme celui-ci (cliquez ici), par exemple.

Les groupes mondiaux sont de plus en plus présents sur Facebook avec des FanPages dédiées au recrutement. Un baromètre de Flink-Up.jobs (cliquez ici) donnait l’année dernière, les résultats de FanPages dédiées au recrutement. Beaucoup de groupes internationaux recrutant des jeunes diplômés notamment, sont présents sur Facebook, même si c’est encore de façon inégale. Dans la recherche d’emploi à l’international, assurez-vous de la présence de ces pages dans les sociétés que vous visez, surtout si vous êtes jeune diplômé ou si vous visez des start-up…

Enfin, sachez que, pour l’instant, « 37% des recruteurs seulement ont accès aux pages de leur entreprise », ce qui les oblige pour la plupart, à « utiliser un compte personnel » pour exercer leur activité sur Facebook.

Les recruteurs d’Asie Pacifique utilisent moins Facebook (28%), peut-être du fait de « restrictions d’utilisation sur leur lieu de travail » (rapportées par 68% des recruteurs chinois, par exemple).

23% des recruteurs sont sur Google +

dont 15% seulement de recruteurs d’Asie-Pacifique.

77% des recruteurs donc « ignorent, pour l’instant, le fait que Google+ ait 4 fois plus de profils que LinkedIn » nous dit l’étude « Global Sourcing ». Du fait de restriction d’accès aux pages de l’entreprise ? Seulement 1/3 des recruteurs peuvent poster sur la page Goggle+ de leur entreprise.

En France, 52 % des recruteurs (13% systématiquement et 39% de façon plus occasionnelle) l’utilisent… Si vous cherchez un emploi à l’international qu’il soit basé en France ou à l’étranger, Google + n’est donc pas à dédaigner.

Les messageries instantanées

L’utilisation de ce moyen de contact « explose avec les applications sur mobile ». Ce sont les recruteurs d’Asie-Pacifique qui en font l’usage le plus important avec WeChat (Chine) sur lequel les candidats postulent sur les pages entreprises. Dans le reste du monde iMessage (Apple) et WhatsApp (Facebook) arrivent en tête des favoris.

Une conclusion à noter

Dans ces deux études, l’une des conclusions est commune : le recrutement est un mélange de moyens traditionnels et de nouvelles technologies. Le Global Sourcing Survey cite l’importance de l’appel téléphonique après la prise de contact sur les réseaux et l’étude Oasys souligne la récurrence de certains moyens utilisés par les recruteurs tels que consultation d’annuaires, publication d’annonces, recherches en candidathèques… Il est donc vivement conseillé de garder la main sur les moyens traditionnels de la recherche d’emploi alors que vous vous rendez visible en ligne.

Les autres enseignements de l’étude Oasys Consultants

Cette étude mérite vraiment une lecture de votre part ! Ce n’est pas si souvent que des consultants en recrutement et chasseurs de tête s’allongent sur le divan pour parler métier !

Trois des conseils phares de ce rapport :

. un CV de préférence anti-chronologique

. un moyen de contact remarqué : une candidature par mail à l’un des membres du cabinet visé

. pas d’envoi de lettre de motivation mais un mail de motivation

*J’ai traduit « talent sourcers » par « recruteurs » car l’étude dit qu’il s’agit de : « Sourcers that work in-house, those that work for third party providers and agencies »

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