En finir une bonne fois avec la candidature spontanée ?

Dans les derniers chiffres communiqués par l’Apec, le taux de postes pourvus grâce à la candidature spontanée est de 8% pour 2013. Chiffre qui, bien entendu, ne déclenche aucun enthousiasme chez son lecteur ! Si enthousiasme il restait depuis l’excellent article : « Pourquoi 99% des candidatures spontanées finissent à la poubelle » (cliquez ici) du non moins excellent Laurent Brouat… Article pointant que l’immense majorité des candidatures spontanées n’est jamais ni vue, ni lue depuis l’utilisation de l’ATS dans les entreprises (pour en savoir plus sur l’ATS, voir cet article ici).

Paradoxalement, j’ai aussi en tête la dizaine de candidats suivis dans les 12 derniers mois, qui ont trouvé un emploi à l’international suite à des candidatures spontanées. C’est pourquoi je vous propose d’examiner de plus près quelques éléments.

Unfortunately we will not save unsollicited applications and your information could be lost 

C’est ce qu’affichent les sites de certains groupes étrangers et le signal est clair… Ces départements RH reconnaissent leurs limites et les affichent. Certains groupes français sont également éloquents : « Ce site ne vous permet pas de laisser de candidature spontanée ». Point.

Quand vous ne pouvez pas postuler directement sur les sites, vous pouvez être tenté de faire parvenir un mail de candidature spontanée aux responsables RH. N’en attendez pas trop ! Le volume de candidatures traitées chaque année par les services RH des grosses entreprises en Amérique du Nord par exemple, se situe entre entre 20 et 30 000 par an. Et d’une façon générale, les recruteurs anglophones sont plutôt unanimes sur le fait que votre mail de candidature spontanée a environ 90% de chances d’être tout simplement jeté.

Si vous décidez malgré tout, de tenter l’expérience, utilisez l’objet de votre mail pour indiquer au moins deux de vos « atouts maîtres » : « French native software developer-5 years experience », par exemple.

La candidature spontanée en lien avec les réseaux

Le rendement de la candidature spontanée est bien meilleur s’il est en lien avec les réseaux sociaux. Soit vous êtes rentré en contact avec une personne de l’entreprise où vous souhaitez postuler et vous lui avez demandé conseil sur la marche à suivre. Soit vous êtes directement en rapport avec une personne du recrutement à laquelle vous manifesté votre volonté de travailler dans l’entreprise. Ceci est particulièrement valable aux USA, au Canada et en Grande-Bretagne. Beaucoup plus que dans les pays du Golfe par exemple, où il vaut mieux entrer en contact avec un représentant du recrutement (institutionnel ou privé) français, dans un premier temps.

La cooptation arrivant en 3e position dans les recrutements internationaux de 2013 (Etude Global Professionnals on the Move » cliquez ici), elle mérite tous vos efforts. Afin d’approcher les entreprises, vous devez tenter d’utiliser toutes les formes de réseaux : vous adresser aux anciens élèves de votre école en postes à l’étranger, à votre éventuel réseau personnel d’expatriés et à tous les membres de tous les réseaux que vous pouvez rejoindre (de femmes, de telle fédération, de tel métier…)

Quand votre candidature est gagnante

Généralement, quelques entreprises seulement peuvent être intéressées votre expérience et/ou vos compétences. La plupart du temps, elles ne sont pas si nombreuses… alors là bien sûr, la candidature spontanée s’impose en premier lieu.

C’est le cas par exemple, de ceux qui recherchent un emploi en tant que V.I.E dans des PME françaises installées à l’étranger. Vous avez identifié des entreprises auxquelles vous proposez un projet ? N’hésitez plus ! De nombreux jeunes diplômés décrochent encore ce contrat de cette façon. C’est aussi le cas de tous ceux qui disposent de compétences techniques pointues et de tous ceux qui proposent un projet à forte valeur ajoutée. Généralement vous le savez lorsque c’est le cas ! Tous les moyens sont bons sachant que parfois, il suffit de très peu : un mail, un formulaire sur un site, la réponse à une offre… c’est l’exemple de cette candidate française (qui se reconnaîtra dans ces lignes), qui avait postulé sur un site du groupe Bombardier en Amérique du Nord, me disant : « Vous allez voir, ils vont être intéressés… à coup sûr ! » et auquel j’avais caché son scepticisme sous un sourire (téléphonique) poli. Elle n’a pas eu de poste car Bombardier n’a pas voulu s’occuper de la question du visa mais elle a été appelée moins de 24h après son envoi et le service RH s’est mis ensuite en contact avec elle par mail.

Il appartient donc à chacun de se faire son idée exacte sur l’opportunité que peut représenter (ou pas) sa candidature pour une entreprise et en fonction, de décider (ou pas) d’utiliser la candidature spontanée.

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