Les entreprises étrangères recrutent-elles de la même façon que les entreprises françaises ?

Cette question est probablement la première à se poser quand on cherche un emploi à l’international. Autrement dit, y a-t-il des différences culturelles entre la recherche d’emploi en France et la recherche d’emploi dans les autres pays ? (finalement pourquoi la recherche d’emploi échapperait-elle à la question interculturelle ?..). Nous Français, avons tendance à nous précipiter sur les offres d’emploi. Culturellement, c’est certainement la meilleure façon de faire mais avons-nous raison de faire la même chose lorsqu’il est question de chercher un travail à Londres ou à Singapour ?

Afin de savoir si la consultation et la recherche des offres d’emploi doit rester une préoccupation primordiale dans votre recherche, je vous propose d’observer deux études dont le croisement permet de se rendre compte des méthodes de recrutement des candidats, en France et à l’étranger.

Une première enquête du 18 juin 2014 intitulée « Quels sont les moyens les plus utilisés par les recruteurs pour trouver des candidats ? » (cliquez ici) est de l’Apec, la seconde est un rapport d’Hydrogen Group : « Global Professionals on the Move » (cliquez ici). Passé (presque) inaperçu en France, ce deuxième rapport est pourtant riche d’enseignements sur l’expatriation actuelle des cadres et sur la recherche d’emploi à l’international.

L’enquête de l’Apec porte sur le recrutement des cadres au niveau national mais il y a fort à parier que les recrutements en France sont effectués via les mêmes canaux que les postes soient nationaux ou internationaux. Difficile d’être plus précis sur ce point car l’enquête ne communique pas d’éléments méthodologiques à ce sujet. Pour ce qui concerne l’étude d’Hydrogen Group, il est exclusivement question de recrutements à l’international : 2 444 personnes ont été interrogées dans 99 pays.

Par quels canaux les expatriés ont-ils été embauchés en 2013 ?

Voici le classement, dans l’étude d’Hydrogen Group, des moyens par lesquels les expatriés ont trouvé leur emploi :

1 – grâce à des consultants et chasseurs de tête
2 – par leur entreprise
3 – par cooptation (collègues et amis)
4 – grâce à des offres
5 – grâce à LinkedIn

Ce classement n’est pas chiffré, ce qui est bien dommage ! Nous savons seulement que : parmi ceux qui sont actuellement salariés et expatriés, 1/ 3 d’entre eux a trouvé son emploi grâce à un cabinet de recrutement, 25% par son employeur et « un nombre croissant a trouvé son travail actuel via les réseaux sociaux professionnels ».

Alors effectivement rien ne nous dit comment les cabinets de recrutement et chasseurs de tête sourcent (c’est-à-dire trouvent) les candidats. Il faut simplement constater que les cabinets de recrutement et les chasseurs de tête font le tiers des recrutements et que 25% des expatriés sont partis grâce à leur employeur. Ces deux moyens représentent déjà presque 60% des départs…

Vient ensuite la cooptation entre collègues et amis… Si vous cherchez un travail à l’étranger, il semble donc impératif d’activer votre réseau professionnel et personnel… Et enfin, dans ce classement, les offres d’emploi, arrivent en 4ème position et permettent de pourvoir très probablement 20% des recrutements au maximum.

Voyons l’étude française…

Au moyen de quels canaux les cadres français ont-ils été embauchés en 2013 ?

Voici ce que dit l’étude de l’Apec :

1 – grâce à des offres (50% des recrutements)
2 – par le réseau du recruteur : clients, fournisseurs… (17% des recrutements)
3 – par cooptation (collègues, amis) (8% des recrutements)
4 – par candidature spontanée (8%)
5 – par CVthèque (6%)
6 – suite à une chasse (5%)
7 – vivier de candidats (3%)
8 – réseaux (2%)
9 – salons et forums de recrutement (1%)

En France, la diffusion des offres permettent la moitié des recrutements. Ceci sachant que d’après cette étude toujours, 1/3 des recrutements sont faits par des cabinets de recrutement. On peut donc considérer que le recrutement français est à l’image du recrutement mondial : les cabinets de recrutement traitent 1/3 des postes à pourvoir.

Les recrutements faits grâce aux réseaux (recruteur et cooptation) représentent 25% des recrutements. Par ces deux moyens (offres et réseaux), nous avons déjà 75% des recrutements français alors que la candidature spontanée est en perte de vitesse par rapport aux années précédentes et que tout ce qui est de l’ordre de la recherche directe de candidats (Cvthèque, chasse et vivier) ne représente « que » 14%.

Stratégiquement, voici comment adapter votre façon de faire.

Quand vous cherchez un poste à l’international dans une entreprise française internationalisée :

. la recherche d’offres est un must… puisque la moitié des postes sont généralement pourvus de cette façon
. vous devez prévoir d’augmenter votre visibilité auprès des cabinets de recrutement : candidature spontanée, CVthèques sur le web, réseaux sociaux…
. vous devez garder en tête que votre entourage professionnel proche : clients, fournisseurs ainsi que vos collègues et amis, représentent le quart de vos possibilités de retrouver un nouvel emploi…

Quand vous cherchez un emploi dans une entreprise étrangère

. vous devez vous faire connaître de cabinets de recrutements et de chasse de tête. Il faut développer des contacts avec des cabinets de recrutement de façon vraiment active et vous rendre visible au mieux : candidature spontanée sur les sites des cabinets, réponse aux offres, présence sur LinkedIn…
. la cooptation venant en 3eme position (comme en France), vous devez compléter vos recherches en identifiant, dans votre réseau personnel et professionnel, des expatriés susceptibles de parler de vous et de vous faire connaître les postes à pourvoir dans leur entreprise

Les données du rapport « Global Professionals on the Move » ne sont pas assez fines pour savoir comment les cabinets de recrutements et les chasseurs de tête entrent en contact avec les candidats mais j’y reviendrai dans des articles ultérieurs à l’aide d’autres études.

Les autres enseignements de l’étude « Global Professionals on the Move »

Profitons-en pour regarder les trois éléments suivants qui sont riches d’enseignements

Plus de concurrence entre candidats à l’expatriation mais plus de travail aussi

En 5 ans, le pourcentage de personnes désireuses de travailler à l’étranger a plus que doublé, passant de 16 à 35 % …. ça, nous le savons car les médias français nous l’ont dit. Le nombre de volontaires à l’expatriation augmente. Du fait de la crise, les salariés moins satisfaits dans leur pays d’origine, regardent ailleurs et cherchent à partir…

En 5 ans, le nombre d’offres d’emploi à l’international est passé de 24% à 44% du nombre total des offres… ça, nous ne le savions pas forcément ! Il y a eu une augmentation des offres d’emploi à l’international ces dernières années : cette même crise pousse les entreprises à se développer dans de nouveaux pays et pour ceci, elles recrutent. Les postes proposés à l’international représentent désormais presque la moitié des opportunités d’emploi… Certains cabinets français et étrangers ont communiqué sur cette question.

Donc plus de concurrence entre candidats mais plus d’opportunités d’emploi aussi.

Londres en destination n°1

En 2014, les USA demeurent la destination de prédilection des volontaires à l’expatriation. Viennent ensuite l’Angleterre et l’Australie, bien loin devant Hong Kong (11e position) et la Chine (12e), ces destinations étant perçues comme « trop lointaines ». Pourtant c’est le Royaume-Uni et Londres surtout, qui réunissent les meilleures conditions d’expatriation : visa, langue, entreprises présentes et façon de vivre. Si vous souhaitez vous expatrier dans un pays anglo-saxon ou en Europe, il y a donc fort à parier que vous opterez finalement pour Londres. (Alors n’oubliez pas que, de ce fait, c’est à Londres que la concurrence entre candidats… sera la plus rude !)

Un temps moyen de recherche d’emploi plus court à l’international qu’en France !

75% des salariés expatriés ont trouvé leur emploi en moins de 5 mois et presque 40% d’entre eux l’ont trouvé en moins d’un mois

Sachant que la moyenne actuelle de recherche d’emploi, en France est de 5 mois et que pour un premier emploi, elle est de 7 ou 8 mois, le temps de recherche moyen à l’international est finalement plus court…

Quand aux 40% qui ont trouvé leur emploi en moins d’un mois, ce chiffre laisse tout simplement rêveur.. !

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